Mon intérêt pour les expressions du visage m'a amené à approfondir mes recherches sur le théâtre japonais (No). Le masque que j'ai réalisé en résine est particulier, car il change d'expression en fonction de son angle de vue. Il s'inspire du masque d'un personnage majeur du théâtre No, celui du démon Hannya, qui exprime à la fois tristesse, rage, moquerie et fourberie. La transparence est l'élément majeur de ce travail, car elle laisse voir des traits que le masque devrait normalement couvrir. Les traits du visage humain ainsi que ceux du masque se combinent. La fonction principale du masque est alors détournée.
Cet objet se situe entre l’instrument et la sculpture. J’ai essayé d’y intégrer différents symboles pour créer des tensions et différentes interprétations. Le gong, les chaînes, les ondes, la technologie à travers la manette de jeux montrent un conditionnement multiple (emprisonnement des chaînes, manipulation du son, endoctrinement de la religion, fanatisme du virtuel). Le gong est aussi utilisé en tant qu’instrument, où le mouvement se répercute sur l’ordinateur qui transforme le signal analogique en signal numérique qui est transféré sur le haut parleur fixé sur la plaque et qui réagit en fonction de la fréquence sonore produite. Le son produit agi ensuite sur les chaînes qui produisent à leur tour des sonorités.
Les faces de ce cube, fait en plâtre, sont composées de plusieurs strates. Chaque face évoque différents éléments (couleur, matière, goût, odeur). Le spectateur est invité à détruire la sculpture. C'est une nouvelle manière d'intégrer le spectateur dans la sculpture, il devient acteur, et artiste. L’œuvre, habituellement surprotégée dans les musées, invite et encourage ceux qui la regardent, à l’interaction. Le geste destructeur qu'il appelle montre le côté primitif (curiosité et violence) de l'être humain. Le cube, une fois qu'il est détruit, révèle en son centre le fruit de la connaissance, mais aussi celui, très symbolique, du pêché originel : la pomme. Cette réalisation m'a permis d'expérimenter les capacités du plâtre en y mélangeant peinture, produits ménagers, épices, nourriture et matériaux.